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Arthrose acromio claviculaire

Spécialité de l'épaule

Nom de l'opération

Résection acromio claviculaire

Durée de l'hospitalisation

Ambulatoire

Durée de l'arrête de travail

3 à 6 mois

Type d'anesthésie

Loco-Régionale: Bloc inter scalénique
puis anesthésie générale

Suite opératoire

Soins de pansement quotidien
Rééducation quotidienne + Balnéothérapie
Auto-rééducation pluri- hebdomadaire

Durée moyenne de l'intevention

50 min

Qu’est-ce que l’épaule ?

Pour commencer l’articulation de l’épaule est constituée de plusieurs os : l’humérus, la clavicule et la scapula (l’omoplate).

La scapula comprend plusieurs zones : La glène qui est une surface assez plate avec deux discrètes courbures (par simplicité assimilons ça à une raquette de tennis) recouverte de cartilage, avec laquelle la tête de l’humérus (une balle de tennis) s’articule.

Pour que l’ensemble Balle de tennis / Raquette de Tennis soit stable, la tête humérale est maintenue en permanence en regard de la glène grâce à plusieurs structures : 

  • La capsule articulaire qui est une poche entourant l’articulation
  • les ligaments qui sont des sortes de haubans reliant la glène à l’humérus
  • les muscles de la coiffe des rotateurs (le sous scapulaire, le supra épineux, l’infra épineux et le teres minor)
  • le labrum (bourrelet glénoïdien) qui est un bourrelet fibro-cartilagineux autour de la glène (équivalent aux ménisques dans le genou ou dans notre exemple aux bords de la raquette).

L’humérus et l’omoplate s’articulent entres eux et forment 

  • L’articulation gléno-humérale

Une autre partie de l’omoplate appelée : épine de la scapula sépare la face postérieure de la scapula en une fosse supra épineuse (au-dessus de l’épine) et une fosse infra épineuse (en-dessous de l’épine).

Cette épine en se terminant latéralement donne l’acromion qui va venir s’articuler avec la clavicule en donnant l’articulation acromio claviculaire.

Cette articulation est stabilisée par plusieurs structures ligamentaires : 

Les ligaments acromio-claviculaire : tendus entre l’acromion et la clavicule

Les ligaments coraco claviculaire : trapézoïde et conoïde, tendus entre la coracoïde et la clavicule

Pour que les os glissent entres eux, les surfaces qui sont en contact sont revêtues de cartilage. 

Le trapézoïde est responsable de la stabilité antéro postérieure et le conoïde de la stabilité verticale.

Il existe aussi un autre secteur de mobilité qui n’est pas une véritable articulation à proprement parlé car non recouverte de cartilage. Il s’agit de « l’articulation scapulo-thoracique » , c’est-à-dire le glissement de l’omoplate sur le thorax.

Qu’est-ce que la coiffe des rotateurs ?

Il s’agit d’un groupe musculaire qui entoure la scapula (l’omoplate). Ces muscles en se regroupant créent une véritable nappe tendineuse qu’on appelle la coiffe des rotateurs. En effet ils coiffent véritablement la tête de l’humérus. Tous ces muscles animent la fonction de l’épaule, abaissent la tête humérale et sont insérés sur celui-ci. Le rôle principal de ce groupe musculaire est de centrer la tête humérale permettant ainsi aux autres muscles comme le deltoïde, plus puissant d’effectuer les différents mouvements de l’épaule. Il y a des rotateurs externes (supra épineux, infra épineux et teres minor ou petit rond) et un seul rotateur interne, le sous scapulaire. La longue portion du biceps, qui passe dans l’articulation de l’épaule avant de s’insérer au-dessus de l’omoplate, participe souvent aux phénomènes douloureux.

Le tendon c’est la partie du muscle qui vient s’insérer sur l’os (à la différence d’un ligament qui ne prolonge pas un muscle et qui est inséré entre deux os)

Il existe une bourse séreuse qui facilite les glissements entre les tendons et l’acromion (appartenant à l’omoplate)

Qu’est-ce qu’une arthrose acromio claviculaire ?

C’est une atteinte fréquente qui traduis l’usure du cartilage acromiale et claviculaire de l’articulation acromio-clavicualire (AC).

On peut assimiler ça à une « mort » du cartilage.

Radiologiquement on observe un pincement de l’interligne articulaire, la formation d’ostéophytes (bec de perroquet), une condensation de l’os qui se trouve sous le cartilage (ostéocondensation sous chondrale) et des trous dans l’os (géodes) ;

Il est important de comprendre qu’il n’existe pas de corolaire entre la présence d’arthrose, son importance et son retentissement clinique.

En effet, une arthrose n’est pas toujours traduite cliniquement par de la douleur et / ou une perte de fonction (impotence fonctionnelle).

A l’inverse une faible arthrose peut parfois être à l’origine de douleur très importante.

Faut-il faire des examens ?

Oui, des clichés radiologiques sont le minimum nécessaire.

Il est important de faire un diagnostic précis de vos douleurs en recherchant des lésions associées de la coiffe, en réalisant une I.R.M ou un arthroscanner.

Attention l’I.R.M n’est pas un bon examen pour apprécier la présence d’arthrose AC. Cet examen sur estime cette pathologie, il s’agit en réalité de nombreux faux positif.

Seule l’expression clinique de l’arthrose AC associé à un bilan radiographique positif peut conduire au diagnostic d’arthrose AC symptomatique.

Le PET scan peut être un très bon examen, en objectivant un hyper métabolisme en regard de l’articulation AC.

En quoi consiste le traitement de première intention ?

Le traitement de première intention est médical.

En absence de lésions associées, il est admis que l’on peut réaliser une série d’une à trois infiltrations radio ou écho guidées dans l’articulation acromio claviculaire.

A l’issu de ces trois infiltrations trois issues sont possibles.

La première est une guérison complète et définitive, la deuxième une absence de réponse même transitoire aux infiltrations (il faut reprendre l’enquête étiologique) et enfin une réponse transitoire mais complète de la douleur : il s’agit alors d’une bonne indication de résection de l’articulation AC sous arthroscopie.

En quoi consiste la chirurgie de l’arthrose acromio-claviculaire ?

La chirurgie est réservée en cas d’échec d’un traitement médical maximisé perdurable dans le temps, son indication isolée est rare.

Le but est de supprimer au maximum la douleur en libérant l’articulation acromio-claviculaire.

Dans un premier temps, on réalise une résection de l’articulation acromio-claviculaire en fraisant celle-ci.

Le but est également de retirer « l’inflammation » et de supprimer la partie agressive de l’acromion.  

On réalise alors un fraisage du « bec acromial » agressif pour la coiffe (acromioplastie) et un nettoyage des tissus inflammatoires (bursectomie).

La longue portion du biceps peut être est également dérivée par un geste de ténotomie (coupure du tendon) ou de ténodèse (coupure et réinsertion plus basse sur l’humérus). 

Ces deux gestes sont très efficaces sur les douleurs de l’épaule. 

Attention la ténotomie ou la ténodèse, peuvent être responsables d’un biceps Popeye. 

Il s’agit d’une descente du biceps dans le bras qui réalise une boule plus basse que son emplacement habituel. Par ailleurs il est possible de ressentir des crampes dans cette boule pendant 6/9 mois. La course du biceps étant raccourcie votre muscle doit s’habituer à travailler avec cette nouvelle distance. C’est un peu comme si vous commenciez un nouveau sport.

Comment vais-je être opéré et avec quel matériel ?

Sauf contre-indications vous allez être opéré après avoir bénéficier d’un bloc inter scalénique. Ce bloc est destiné à diminuer votre douleur per et post opératoire.

Par la suite, l’intervention se déroulera sous anesthésie générale.

La chirurgie de résection acromio-claviculaire que nous réalisons est faite sous arthroscopie, c’est à dire que nous rentrons une caméra et des instruments dans votre épaule à l’aide de trous infra centimétriques. Une fois les instruments introduits, l’épaule est gonflée d’eau afin de créer un espace suffisant pour travailler.

De manière exceptionnelle et très rare, si un saignement trop important empêche de réaliser un geste techniquement parfait, nous serions obligés de convertir à ciel ouvert en réalisant une petite voie d’abord.

Si besoins les tendons sont réinsérés à l’aide d’ancres. Ces dispositifs vous seront présenté en consultations. Ils sont fabriqués en plusieurs matériaux, certains sont résorbables, d’autre non.

La décision d’utiliser une technique plus qu’une autre peut changer pendant l’intervention. En effet pendant cette dernière le chirurgien peut préférer une technique plutôt qu’une autre en fonction des difficultés qu’il rencontre. L’objectif est d’obtenir un geste parfait, une suture si nécessaire sans tension la plus anatomique possible, la plus stable et qui autorise rapidement une rééducation.

Quelles sont les suites opératoires :

Vous devez respecter les consignes que le docteur Sébastien EL-SAÏR  vous a délivrés lors des différentes consultations. 

Un protocole vous a été délivré, il se rapproche de celui du Dr LIOTARD. Il est destiné à vous et votre kinésithérapeute.

Les consignes sont essentielles pour assurer une bonne récupération.

Par conséquent, il faut absolument prévoir l’intervention si vous pouvez vous organiser.

Si vous ne pouvez pas respecter ces consignes vous risquer d’avoir fait tout cela pour rien.

Il ne faut surtout pas forcer sur cette épaule pendant un minimum de 6 mois. 

Vous aurez une attelle pendant 4 semaines avec des séances d’auto rééducation. 

En fonction des lésions constatées en per opératoire et du geste réalisé, les séances de rééducation avec un kinésithérapeute en piscine pourront débuter précocement. Il faut compter en moyenne 1 mois pour reprendre les gestes de la vie courante (se laver ou s’habiller seul) et au minimum 2 mois et demi pour conduire. Aucun travail de musculation ne doit être entrepris pendant 6 mois post opératoire sous peine de risquer une récidive. La rééducation de l’épaule se résume à de simples étirements que vous devez être amené à faire vous-même, entrecoupées de contrôles réguliers pour retrouver la souplesse. Tant que l’épaule est raide, elle peut rester douloureuse.

Quels résultats attendre ?

Une amélioration notable de l’item douleur et une récupération de la mobilité.

Une stabilité acromio claviculaire.

Quel est le suivi pré et post – opératoire ?

Au fur et à mesure de toutes les rencontres que nous avons eues, des informations données verbalement et par écrit, vous aurez rapidement compris à quel point la souplesse de votre épaule est la clé de voute de la récupération fonctionnelle.

Tant en préopératoire (pour faciliter le geste chirurgical) qu’en post opératoire (pour améliorer vos résultats) le gain de souplesse (qui s’exprime par les amplitudes passives) est très important.

Pour cela vous devez trouver un(e) kinésithérapeute avec qui vous formerez un couple gagnant.

En effet vous détenez plus de 50% de la réussite de votre intervention.

Mais quelles sont les complications possibles ?

Il n’existe pas d’acte chirurgical sans risque de complication secondaire. 

Toute décision d’intervention doit être prise en connaissance de ces risques, dont votre chirurgien le Dr Sébastien EL-SAÏR vous a informé à l’oral. La décision s’est faite en prenant compte de la balance : bénéfices / risques, qui chez vous, compte tenu de votre décision de vous faire opérer, penche en faveur de l’attente de bénéfices.

Cette fiche est là pour vous rappeler par écrit les risques qui ont étés clairement exposés lors de la consultation préopératoire.

La conversion de la chirurgie arthroscopique vers une chirurgie à ciel ouvert est toujours possible 

  • Infection nosocomiale : elle est rare et se maîtrise aisément lorsque le diagnostic est précoce. La prise d’antibiotiques associés à une nouvelle intervention est parfois nécessaire
  • Hématome : le diagnostic doit être précoce et la reprise chirurgicale est également parfois nécessaire. La mise en place fréquemment de glace en post opératoire quatre fois par jour limite sa survenue. Pour diminuer l’œdème pensez à bien surélever dès que possible votre main et de ne pas la laissez pendre en permanence. Dans le bras l’hématome a tendance à glisser vers le bas et rendre tout le membre supérieur bleu
  • Syndrome douloureux régional complexe SDRC (anciennement algodystrophie) :  il s’agit d’un « dérèglement » de la douleur alors qu’il n’y a aucun problème sous-jacent. Sa manifestation est indépendante du type de chirurgie et peut survenir même après une simple immobilisation ou un simple traumatisme. La main devient gonflée, douloureuse, et s’enraidit progressivement. L’évolution peut être très longue. Des séquelles sont possibles (douleurs résiduelles, raideur des doigts et /ou du poignet, parfois de l’épaule). Le traitement est difficile et fait appel à des produits spécifiques et à la rééducation
  • Accident d’anesthésie : du plus simple au plus grave, y compris le décès.

Quelles sont les complications spécifiques aux repartions de coiffe et ténodèse / ténotomie ?

  • Atteinte d’une structure noble au voisinage : lors de la dissection de la capsule une lésion rare mais possible d’un élément noble comme un tendon, une artère ou un nerf est possible. Ce risque est possible mais rassurez-vous il est très rare.
  • Douleurs cicatricielles : par inflammation ou irritation des branches cutanées nerveuses autour de la cicatrice et/ou par synovectomie articulaire. En général, ces problèmes disparaissent au bout de quelques semaines.
  • Une raideur articulaire : une épaule opérée aura une récupération progressive de la mobilité et notamment de la flexion qui peut être limitée dans les premiers temps.
  • Migration d’une ancre ou de l’endo bouton : Selon l’ancre utilisée, la position de l’endo bouton, résorbable ou non, il peut nécessiter une ablation chirurgicale.
  • La non cicatrisation du tendon est également un risque : 20%.
  • Bris de matériels arthroscopique avec bris laissés dans le patient.
  • Présence d’un décalage verticale de la clavicule mais sans retentissement douloureux.